lundi 22 décembre 2008

Ce lien qui nous sépare

LA RUPTURE DE LA CONTINUITE LA CONTINUITE DE LA RUPTURE. De chaque coté de la ligne brisée, de la rupture, de la rupta, de la frontière, de la route, deux univers semblables et opposés surgissent, deux vies, deux sexes, deux contrées, qui tendent à se réunir, créent et procréent, se désirent et se détestent, s'aiment et se haïssent. Orient occident Bosphore muraille de chine. Afrique Europe chaîne des Pyrénées. Homme Femme. Peu à peu la frontière s'estompe. Bonheur douceur puis, ennui décadence avachissement tristesse jusqu'à la suivante et régénératrice rupture.

Inclusion exclusion, Villa Ricciotti, Bandol







Porte monumentale, Villa Ricciotti, Bandol


LA RUPTURE DE LA CONTINUITE

De chaque coté de la ligne brisée, de la rupture, de la rupta, de la frontière, de la route, de la rivière, deux univers semblables et opposés surgissent, deux vies, deux sexes, deux contrées, qui tendent à se réunir, créent et procréent, se désirent et se détestent, s’aiment et se haïssent.

LA CONTINUITE DE LA RUPTURE

Orient occident Bosphore muraille de chine. Afrique Europe chaîne des Pyrénées. Rive droite rive gauche. Peu à peu la frontière s’estompe. Bonheur douceur quiétude, puis, ennui décadence avachissement tristesse dépression, jusqu’à la suivante et régénératrice rupture.

Goulven 2009

En haut de l'escalier







Noir espoir


vendredi 7 novembre 2008

Besoin de toi plus que de toit


Saint Camille


Ruptagaan 014 ou Bancamillo.
,







C’estl’accidentl’effondrement, le cataclysme, qui obligent la rivière à dévier de son cours, qui entaillent le quotidien de l’homme, créent de l’imprévu, et ce faisant l’obligent à se surpasser, à inventer, donc à devenir plus humain. Il y a dans le banc Saint Camille la courbe d’un méandre, c’est à dire la déviation du cours linéaire de l’existence provoqué par un accident, une maladie, car il faut se souvenir que c’est une blessure à la cheville qui obligea cet aristocrate qu’était Saint Camille à abandonner la carrière des armes, que c’est cette blessure qui dans un premier temps le fit sombrer dans le jeu et la débauche, puis comme la rivière coule vers la mer, sa vie coula lentement vers la misère et l’indigence. Recueilli par des religieux, il fut soigné, puis un choc que j’ignore lui fit radicalement changer la direction qu’il avait donné à sa vie et le débauché devint un saint. Il y a aussi dans le banc de Saint Camille le tranchant d’un sabre, d’une épée. Le bois, l’assise symbolise le cours paisible d’une vie, d’une rivière. La partie en fer, je dis bien en fer car le fer a toujours symbolisé l’action de l’homme, le combat, la non passivité face aux éléments naturels, face à l’injustice, face au conformisme, face au laisser aller, et pour ce qui concerne les chevaliers du moyen âge, le combat contre les hérétiques et la défense des faibles… « car toujours tu prendra le parti du plus faible contre le plus fort ». La courbe informelle évolue lentement vers une spirale et c’est sur cette spirale que repose l’assise…..ceci se passe de tout commentaire, je pense. Les points de soudure sont des points de feu, car la maîtrise du feu est un des éléments clef de l’histoire de l’humanité. Ici, le feu se fait point de soudure, de suture, n’oublions pas que nous sommes dans un hôpital, et non pas incendie destructeur. Dans mon travail, la symbolique n’est pas surajoutée à l’objet, inscrite dessus, non, la symbolique découle du choix des matériaux et des techniques mises en œuvres pour les transformer et les assembler. Goulven 2006



jeudi 6 novembre 2008

La chance le bonheur et la science


3 x 4 = 12 et 4 x 3 = 12 Pourtant quatre trèfles à trois feuilles ne remplaceront jamais trois trèfles à quatre feuilles, ce qui prouve bien que la science et la technologie sont incapables
d’assurer le bonheur de l’homme, de provoquer la chance.
Goulven 11\08

mercredi 5 novembre 2008

Territoire imaginaire



Au croisement de la mémoire et du rêve, entre passé et futur, il est un territoire imaginaire que l'on nomme présent. Goulven 2005

mardi 4 novembre 2008

Possession

Un chien qui voit un os en possession d'un autre chien ne reste à l'écart que s'il se sent trop faible.

Le fantome de la vérité


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Giraud scopie d'une nuit barjolaise numéro deux


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Giraud scopie d'une nuit barjolaise numéro un



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Trilogie



Le marché est au centre


Gilbert Giraud : vit et travaille à Marseille
Les rêves brisés
L’un des principaux corolaires de la Renaissance est que l’homme était au centre de toute chose. Au début du XXIième siècle, c’est le marché qui est le centre. Il semblerait sans alternative. Ce qui me fait penser que nous boirons le vin jusqu’à la lie.

Après l’obtention d’un diplôme national supérieur d’expression plastique de l’Ecole des Beaux- Arts de Marseille Luminy en 1983, il a présenté son travail dans des expositions au Château de Servières, à la Galerie des Remparts en 2002 et à la Galerie du Bosphore en 2001.

jeudi 30 octobre 2008

obéissance

…….. ce qu’il y a de merveilleux dans les formes naturelles, c’est qu’elles sont certes destructibles, mais se recréent à l’infini, car elles sont le résultat non pas de l’effort humain, mais de l’obéissance à des contraintes naturelles. Goulven 2008

L'utopie de la syncèrité

Dire ce que l’on pense ! Quelle utopie. Cela voudrait dire que l’on pense une seule chose sur un sujet précis……. Un handicapé mental pense peut être une seule chose à la fois, alors que le cerveau d’un individu normal est en face d’un problème précis traversée par une infinité de pensées. On ne dit jamais ce que l’on pense, on dit ce qui va permettre à la relation que l’on instaure par la conversation avec un quidam, d’aller dans le sens que l’on souhaite. On souhaite construire ou détruire, attirer ou repousser, caresser ou piquer, mettre en valeur ou mettre plus bas que terre, faire évoluer ou faire régresser………. Goulven 2008

A propos d'Expo 02



A propos d’expo 02 voici quelques réflexions qui présidèrent à la création de l’œuvre que j’eus la chance de pouvoir réaliser en collaboration avec la scénographe Audrey Ténaillon et l’architecte Marie Claude Bétrix.
En 2001, le ministère de la défense de la confédération helvétique, à l’occasion d’expo 02, me passa commande d’un escargot destiné à symboliser sur un site nommé, Le chantier naval, la politique extérieur suisse avançant repliée sur elle même et fort lentement. Je suis bien sur contre une définition étriquée de mon travail, mais je pense néanmoins que, tension, déséquilibre, mouvement, donc, force, vitesse, violence en sont les principaux constituants. J’acceptais la commande, car comme le disait un grand écrivain du siècle dernier, seule les contradictions sont humaines et pratiques.
L’escargot, c’était une idée (que je trouve excellente) des architectes et de la scénographe chargés du projet « Le chantier naval » mais j’apprit rapidement que le ministère de la défense, c’est à dire le commanditaire général, avait accepté cette image à contre cœur.
Comment réaliser ce travail sans pervertir mon œuvre pour laquelle du reste j’avais été choisi….on fait appel à vous car on ne veut pas du Disney land. Je me concentrais donc sur le symbole général de la spirale, lorsqu’un beau matin je croisais par hasard un scientifique de haut niveau avec lequel j’avais lié connaissance il y a une dizaine d’années. A l’époque j’étais l’un des rare à comprendre l’importance de ses théories sur la « production d’aléatoire ». Installés à la terrasse d’un bar, nous bûmes un café, deux cafés tandis que j’entretenais le scientifique de haut niveau de mon escargot, de la spirale en général. Comme je m’y attendais, celui ci se montra intarissable sur le sujet. Des Incas à la physique quantique en passant par Platon et Einsthein sans oublier bien sur Blaise Pascal et Leprince Ringué. Ayant sur moi, un petit carnet, je priais mon scientifique de haut niveau de bien vouloir y inscrire quelques formules modélisant la spirale, ce qu’il fit, puis nous primes congé l’un de l’autre. La matinée maintenant bien avancée, était belle, propre à l’élévation de l’ âme, à la méditation. Pour y voir plus clair, je photocopiais les deux pages du carnet , les agrandissais en format A4 et me dirigeais vers mon atelier. Quelques semaines plus tard la conception de ma sculpture n’avait guère avancé. Je buttais lamentablement contre la contradiction entre mon œuvre que je veux tension, déséquilibre, mouvement, vitesse, force….et la spirale molle de l’escargot. Les formules mathématiques ne m’étaient d’aucun secours. Je commençais à paniquer et le deuxième des sept acomptes m’ayant été versé, je sentais que mes commanditaires allaient bientôt me demander des comptes.
Un soir au hasard d’un zapping télévisuel incontrôlé, m’apparut l’image suivante : la garde présidentielle irakienne défilait sous deux sabres monumentaux tenus par les moulages agrandis des mains de Saddam Hussein. Là, mon imaginaire démarra au quart de tour. Je fus d’abord étonné que le galbe des sabres soit dirigé vers la terre et non vers le ciel, ce qui dénote un certain pessimisme. Ensuite, je me mis dans la peau d’un sculpteur auquel Saddam Hussein commande une œuvre et cela me ramena à l’une des légendes du pont de Mostar. Mon imaginaire galopait car j’étais enfin dans l’univers de mes formes , des archaïsmes qui leur préexistent et je sentais que la liaison de cet univers et de l’escargot helvétique était imminente. On raconte, que lorsque la ville de Mostar était sous contrôle Turc, l’aga vint trouver le meilleur des architectes de la contrée pour lui demander de construire un pont de pierre enjambant la rivière. Cet architecte dont j’ai oublié le nom imagina un projet grandiose. A la suite de calculs élaborés il conçut un pont formé d’une seule arche, sans pilier central….à l’époque, c’était une prouesse technique (et ça l’est toujours) de construire une arche de pierre d’une telle portée. L’aga accepta le projet et le chantier commença sous la direction de l’architecte. Les travaux durèrent dix ans, le jour de l’inauguration de l’œuvre grandiose et merveilleuse arriva enfin. Pour tester sa solidité, le pont fut chargé de centaines de tonnes de pierres entassés sur des chars tirés par des chevaux. En pleine cérémonie, le pont de Mostar s’effondra. L’architecte pour échapper à la fureur présumée de l’aga, réussie à disparaître dans les montagnes et se cacha dans une grotte. L’aga le fit rechercher et le retrouva. « Vous pensez que je vais vous faire tuer ? lui dit il. Et bien, non, vous allez refaire le pont de Mostar exactement pareil, une seule arche, pas de pilier central, et cette fois ci, il tiendra. » L’architecte se replongea dans ses calculs, modifia quelques détails et le chantier repris. Dix années plus tard, le pont de Mostar, était de nouveau magnifique : un pont de pierre, une seule arche, pas de piliers central. Arriva enfin le jour de l’inauguration. Comme dix ans auparavant, pour tester sa solidité, on y fit circuler des chars chargés de centaines de tonnes de pierres…..il tint bon. L’aga voulut féliciter et récompenser l’architecte. Impossible. L’architecte s’était pendu le matin de l’inauguration. Fin des années 1980 le pont de Mostar était toujours debout.
Par association entre les turcs, l’arche du pont, et les sabres iraqiens, mon imaginaire s’envola vers le yatagan et là j’étais vraiment de retour dans ma sculpture. En effet, en 1993 je créais une œuvre monumentale, devant l’un des bâtiments de l’université de Toulon et du Var. La sculpture terminée, je ne lui avais pas encore trouvé de nom. J’interrogeais une amie, L. qui me dit : ta sculpture tu devrais l’appeler yatagan, elle ressemble vraiment à un yatagan. (le yatagan est le sabre qu’utilisaient autrefois les soldats turcs). L. avait raison, mais deux de mes amis étant arméniens et connaissant les drames infligés par les turcs aux arméniens au début du siècle dernier, je ne pu me résoudre à yatagan. Dans la ville de La Garde, à deux pas de l’université de Toulon et du Var, se trouvait, et se trouve toujours Riita, une sculpture que j’avais faite en 1987. Je l’avais appelé Riita, non pas par rapport à sainte Rita, mais par rapport à rïïta qui veut dire la dispute, la lutte en finlandais. Avec Riita et Yatagan, je formais donc le mot valise : Riitagaan et c’est ainsi que je nommais la sculpture monumentale de L’université.
Désormais, tout me semblait évident. Le point de départ de mon escargot, de ma spirale, ne serait pas une formule mathématique, mais un sabre courbe. Pas un sabre comme ceux sous lesquels défile la garde présidentielle iraqienne, un sabre dont la courbe est descendante. Non. Un sabre dont la courbe est ascendante.
Après cela, tout fut simple…….je traçais sur du papier, avec toute la force, la violence et la vitesse nécessaire la courbe ascendante d’un yatagan, puis je laissais la puissance du trait mourir en s’enroulant sur elle même. « La forme enveloppant la force » comme le dit Mischima était là, (1) Ruptagaan 006 où l’œil du cyclone était né. Il ne me restait plus qu’à agir en trois dimensions.
Goulven 2005

commémoration



Les émotions présentes agissent sur la mémoire que l’on garde des émotions passées. Tout se transforme perpétuellement, tout glisse. Une émotion peut nous faire aimer plus fort un lieu un objet ou un être que nous avons connu par le passé. Une émotion peut aussi nous séparer de ce que nous avons aimé, nous faire occulter le passé.
Enfant, me promenant avec mon père dans la forêt pyrénéenne je découvris gisant au pieds d’un chêne, un magnifique canif. Une grande lame et une petite lame, un tire bouchon, un décapsuleur , un poinçon. Un rêve de canif. Les lames et les divers accessoires étaient d’acier, sur le manche en bronze apparaissait gravé en bas relief le visage d’un vieux loup de mer scrutant l’horizon de sa longue vue. Mon père me dit : « Tu as une chance inouïe, car c’est le plus beau couteau du monde. » J’avais cinq ans. Mon père, m’enseignât l’art d’utiliser délicatement, prudemment, avec respect, « le plus beau couteau du monde ». Il m’apprit à nettoyer les lames et à les polir en les frottant sur la terre. Un jour il me dit : « Ton couteau est sale, on va le démonter pour le nettoyer et le graisser. » Quelques instants plus tard, lames, vis, manche, étaient posés dans le désordre sur la table. Quel choc. Le plus beau couteau du monde en pièces détachées, dans le désordre en plus. Fortement ému par cette vision sinistre, je pleurais. Mon père nettoya toutes les pièces, les huila et remonta le couteau. Il était magnifique, huilé, poli, brillant, mais pour moi, il n’était plus le même, car j’avais vu ce que j’avais vu. Les lames, les vis, le manche répandues pèle mêle sur la table….une explosion, en quelque sorte. Pour moi, il n’était plus le même, et pourtant les autres, ceux qui n’avaient pas assisté à l’événement du démontage, disaient : « Il est magnifique, ton couteau, il est encore plus beau qu’avant, c’est vrai que c’est le plus beau couteau du monde. » Quelques mois plus tard, je perdis « le plus beau couteau du monde » auquel j’avais tenu comme à la prunelle de mes yeux, et au grand étonnement de ma famille je n’en éprouvais aucun chagrin.
Cette simple constatation que pour moi, le couteau n’était plus le même, mais que pour les autres, pour ceux qui n‘avaient pas assistés à la scène, au drame du démontage, au sinistre, à l’éparpillement des parties constitutives de l’objet, il n’avait pas changé, m’aida à prendre conscience de ce que veut dire « vivre un événement ». J’aurais pu dire : « Papa a démonté le couteau pour le nettoyer et le huiler et puis il l’a remonté comme avant. » mais cela n’aurait en rien permis à ceux qui n’avaient pas assistés au drame du démontage de partager mon émotion, mon sentiment, d’éprouver ce que j’éprouvais.
Les émotions présentes permettent à l’homme d’exprimer ses émotions passées, d’en donner une expression littéraire, picturale, sculpturale, musicale………ce souvenir d’enfance par exemple c’est en réfléchissant à la création d’une œuvre commémorant l’explosion de l’usine AZF à Toulouse en 2001 qu’il m’est revenu. Les questions que je me posais entre autres étaient : Comment rassembler autour d’un lieu commémoratif, ceux qui ont vécu le drame et ceux qui ne l’ont pas vécu. Comment faire en sorte que ceux qui ont souffert dans leurs entrailles ne se sentent pas incompris, exclus. Comment agir au de là des limites du politique et de l’économique.
Goulven 2004

Les temps changent


A l'aube du vingt et unième siècle les femmes ne pouvaient faire le mal que par mâle interposé.

jeudi 16 octobre 2008

Document d'artiste


J'ai toujours détesté le Kitsch.

Bagnères de Bigorre. En arrière plan, la chaîne des Pyrénées et le majestueux pic du midi. En premiers plan, des collines boisées ayant pour nom : Les Palombières, le Tucou, le Monet, Le Casque de Liéris et le bédat. Le Bédat domine la ville, comme la tour Montparnasse le sixième arrondissement de Paris. Durant mon enfance il y eut plusieurs petits tremblements de terre….très impressionnant. On disait que le Bédat était un ancien volcan, qu’un jour il se réveillerait. Au dix-huitième siècle un assez fort séisme causa de forts dégâts à la cité thermale. Pour protéger Bagnères de Bigorre et ses habitants, on érigea sur le sommet du Bédat une ignoble vierge Marie, blanchâtre, grotesque, Kitsch. …..Depuis ma plus tendre enfance, je déteste le kitsch, le clinquant. Cela m’angoisse….tout ce qui n’est pas beau m’angoisse. Au printemps 1974, je prenais l’avion pour Reichkavic en Islande, j’avais 24 ans. Le boeïng était bondé de belges du troisième âge, mâles et femelles………tous plus hideux les uns que les autres. Je pensais : Si l’avion s’écrase, cela ne sera triste que pour moi. Je vous disais donc qu’une vierge Marie, blanchâtre, kitsch, ignoble était érigée au sommet du Bédat, obstruant le cratère de l’ancien volcan. Moi, j’imaginais le volcan se réveillant en pleine nuit, les gaz se comprimant dans le cratère bouché par l’hideuse statue. Le Bédat une bouteille de champagne dont le bouchon était la vierge Marie. Pan…boum…..catapultée, la vierge marie. Elle s’élevait dans les airs puis s’écrasait sur notre maison. Une après midi ou j’étais dans ma chambre alité et fiévreux, souffrant d’une angine, je voulue tenter une expérience……L’école, le catéchisme, napoléon, la république…..le péché mortel….j’étais un enfant incrédule. On allait bien voir. Je m’asseyais sur mon lit et disais, pas trop fort pour que ma mère n’accoure pas de la cuisine, mais distinctement, fermement, lentement, en articulant bien : « Jésus Christ est un.... Jésus Christ est un .... Jésus Christ est un ....ard. Jésus Christ est un gros ..... » Je me planquais sous les couvertures…..le volcan allait-il se réveiller ? le tremblement de terre allait-il nous anéantir ?

mardi 23 septembre 2008

L'absence qui montre


L’émotion vient de ce qu’il y a en deçà et en delà et qui nous est caché. Dans une de ses nouvelles, Dino Bussati raconte qu’un dimanche après midi, il errait dans les rues de Milan. Son regard s’arrêta soudain sur des femmes et des hommes faisant la queue devant un cinéma. Imaginons dit il que nous ne voyons ni le guichet, ni le début de la queue. Cela devient mystérieux. Que font ces êtres humains ? d’où viennent ils, où vont ils ? d’où provient leur tension, leur excitation ? Au début des années 1990 je reliais entre eux des blocs parallélépipèdiques par des câbles d’acier. Ce travail n’aboutit jamais, ne sorti jamais de l’atelier ou d’une exposition. Pourtant moi elles me faisaient rêver, ces chaînes. Oui, mais pour rêver je devais faire abstraction des poteaux qui maintenaient le câble et les blocs en tension. En photo, cela passait à merveille…….ce qu’il aurait fallu réussir à faire : Absenter les poteaux qui ramenaient à un vulgaire étendage de linge, car comme l'a si bien dit Man Ray, "La photographie c'est l'absence qui montre".

Le pouvoir





La liberté ne se conçoit pas sans le pouvoir.

Alphabet


Dans mon travail, les alphabets apparaissent en 1995, au niveau du concept.
L'univers peut se réduire à cinq formes essentielles. Les formes nouvelles n'existent pas, c'est l'association des formes essentielles qui varie et les technologies servant à les mettre en œuvre : une Audi TT, un dauphin, un cheval au galop, une sculpture de Brancusi, l'avant du concorde et le nez de George Pompidou.

Ce que je fais depuis 1997, c'est capter la trace du mouvement directement sur et dans la matière, et construire autour de cette trace, sans passer par l'étape du dessin ou de la maquette (voir Spiricomm Astrooriit) . Tension + déséquilibre = mouvement (pour éviter la chute) …position du coureur sur le starting block, un centième de secondes avant le départ. La forme du véhicule rejoint la forme de la trajectoire et vice versa… dans mon travail, le véhicule, c’est la disqueuse qui suit et creuse un chemin tracé par d'autres véhicules… (les Ruptaganns).

A l’origine, mon alphabet répond à deux besoins. Premièrement, symboliser chaque sculpture, par un diagramme simple. Deuxièmement, graver des signes sur le fer en utilisant la disqueuse, le but étant dans la recherche d'un maximum de force et de simplicité, de travailler avec un minimum d'outils. L' érosion qui attaque la pierre… le sens doit être dicté par ma volonté, les détails doivent être dictés par le hasard. Mais pour ce qui est du sens, je fais souvent appel à mon inconscient... je pense que les choix fondamentaux de 1’ homme sont dictés par l'inconscient, la volonté servant à aller jusqu'au bout d'un choix inconscient et fondamental. Mes sculptures, pour les raisons énoncées plus haut, se rapportant à des formes archaïques et fondamentales, il est normal que les différentes lettres de mon alphabet fassent penser à d’autres signes existant dans divers autres alphabets. Je suis un conceptuel anecdotique à tendances archaïsantes.

« Il ne faut pas chercher à imiter l'aspect, l'aspect, c'est le résultat. »
Braque

« Je n'imite pas la nature, je fais comme elle. »
Picasso

« Il ne faut pas chercher à imiter la nature, il faut rivaliser avec elle. »
Malraux

La pierre, la courbe, le signe, la cassure, le rectangle.


La pierre, la courbe, le signe, la cassure, le rectangle.

Les galets polis par la mer, l’érosion atmosphérique, ont acquis des formes naturelles, organiques, vivantes. Sur ces galets, au moyen d’une disqueuse je trace des signes de mon alphabet…….bribes de phrases, dates, citations, noms propres…….la phrase commence sur une pierre et continue sur l’autre. Chaque pierre est une page, l’ensemble des pierres forme la paroi de la caverne sur laquelle est inscrite l’histoire. Le disque abrasif de la machine tourne à grande vitesse, d’où la pureté des lignes gravées. Le sillon, la trace laissée par le disque s’apparente à la trajectoire d’une Formule Un, d’une moto roulant à grande vitesse, au sillage d’un navire, d’un avion supersonique, d’une fusée……..la vitesse crée la pureté. Je grave et découpe toujours à la disqueuse sur le fer et sur la pierre car mes lignes sont des routes, d’où le nom de Ruptagaan employé pour nommer une série de sculptures (Rupta signifie la route en latin, la route au sens de rupture, sillon, saignée. Le Yatagan était le sabre utilisé par les soldats ottomans. Ruptagaan est un mot valise formé à partir de Rupta et de Yatagan). Une découpe au plasma ou à l’oxyacétylène ne produirait absolument pas les mêmes effets.

Je prend un galet au hasard, puis sans regarder le positionnement des signes dont je l’ai gravé, je trace un rectangle et je découpe toujours à la disqueuse, toujours selon le même rituel, quatre entailles qui se superposent sur chaque face du galet, puis je donne un violent coup de marteau qui provoque la cassure suivant la forme rectangulaire tout en gardant la mémoire du choc, de l’explosion..

Toujours la même dialectique entre la courbe informelle, vivante, imprévisible et le rectangle cartésien……la cage…..le classement……les abscisses et les ordonnées, la latitude et la longitude. La pensée logique et l’instinct.

L’aérodynamique est à la beauté des forme ce que la sélection naturelle est à l’évolution de l’espèce. Ce qui est vrai pour la trajectoire est vrai pour la forme du mobile, de l’engin, du véhicule…….l’aérodynamique est née de la vitesse……..l’aérodynamique, c’est en quelque sorte une érosion qui use, qui arase, qui rabote qui supprime tout ce qui offre trop de résistance à l’air. La vitesse fait en quelques secondes ce que l’érosion fait en des centaines de millions d’années, mais le principe reste le même…..tout ce qui est superflu, fragile, tout ce qui est obstacle doit disparaître.

mardi 26 août 2008

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Marcher droit


C’est là que j’ai découvert quelques jours auparavant qu’aucun être humain se rendant d’un point à un autre ne marche droit. Il suit certes une direction globale comme un navire essayant de tenir un cap. Dans le cas du navire ce sont les variations continuelles des vents, des courants, des vagues, combinées à la plus ou moins grande dextérité et vigilance de l’homme de barre qui tracent une trajectoire, un sillage, succession de courbes plus ou moins accentuées tendant effectivement vers un cap rectiligne. Dans le cas du piéton, ce sont plutôt ses sens en éveil qui le font continuellement dévier de sa trajectoire rectiligne. Dégustant un expresso italien, seul à une table, je contemple au dessous de moi couler le flot des piétonnes et des piétons.

La ligne droite est une abstraction


Un homme marche, il y a 23 minutes qu’il a quitté le point A pour se rendre au point B, où il a rendez vous 45 minutes plus tard. Il sait que en marchant normalement il lui faut 40 minutes. 45-23=22. Ayant marché 23 minutes il lui reste encore 22 minutes de trajet plus 5 minutes d’avance. Ces 5 minutes d’avances sont importantes, car plus le temps est limité, plus la vitesse est grande et plus la trajectoire tend vers une droite parfaite. Je dis bien tend, car dans la nature, la ligne droite n’existe pas. La ligne droite est une abstraction géométrique. Notre homme marche donc dans la rue piétonne. C’est un pragmatique, il est un expert comptable. Il s’est fixé un itinéraire direct. Mais c’est aussi un homme jeune, d’une belle prestance et inconsciemment lorsqu’à une cinquantaine de mètres devant lui il distingue une jolie silhouette féminine qui va bientôt croiser son chemin, il dévie imperceptiblement sa trajectoire pour passer plus prés de la belle, la voir, la sentir, la frôler, échanger un regard…….Au niveau de la boutique Marc & Spencer il se rapproche de la vitrine où il a aperçu avant hier un magnifique blouson qui lui irait à merveille. Une jeune femme marche rapidement, elle est en retard à son rendez vous. Sa trajectoire est presque rectiligne quand soudain elle aperçoit évoluant à une trentaine de mètres devant elle, dans le même sens, Hans Wolf, un collègue de travail boutonneux et flasque qui depuis plus d’un an lui fait du rentre dedans. Elle ne veut surtout pas avoir à lui parler, à lui sourire. Alors elle ralentie l’allure et fait semblant de s’intéresser à une affiche de cinéma dont elle se rapproche en obliquant sur la droite. Et puis il y a cette assistante sociale en prés ménopause, soucieuse de sa silhouette, de son apparence, qui tout en déambulant cherche à se positionner de façon à ce que la vitrine de "C&A" lui serve de miroir : ralentissement, virage à droite, virage à gauche. Des passantes et les passants flânent tout simplement…lèche vitrine, drague.....Mais ceux qui nous intéressent dans le cas présent, ce sont ceux qui veulent aller droit et qui en fait avancent en zig zag, la lutte entre la droite et la courbe, entre la théorie et la réalité.