mardi 26 août 2008

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Marcher droit


C’est là que j’ai découvert quelques jours auparavant qu’aucun être humain se rendant d’un point à un autre ne marche droit. Il suit certes une direction globale comme un navire essayant de tenir un cap. Dans le cas du navire ce sont les variations continuelles des vents, des courants, des vagues, combinées à la plus ou moins grande dextérité et vigilance de l’homme de barre qui tracent une trajectoire, un sillage, succession de courbes plus ou moins accentuées tendant effectivement vers un cap rectiligne. Dans le cas du piéton, ce sont plutôt ses sens en éveil qui le font continuellement dévier de sa trajectoire rectiligne. Dégustant un expresso italien, seul à une table, je contemple au dessous de moi couler le flot des piétonnes et des piétons.

La ligne droite est une abstraction


Un homme marche, il y a 23 minutes qu’il a quitté le point A pour se rendre au point B, où il a rendez vous 45 minutes plus tard. Il sait que en marchant normalement il lui faut 40 minutes. 45-23=22. Ayant marché 23 minutes il lui reste encore 22 minutes de trajet plus 5 minutes d’avance. Ces 5 minutes d’avances sont importantes, car plus le temps est limité, plus la vitesse est grande et plus la trajectoire tend vers une droite parfaite. Je dis bien tend, car dans la nature, la ligne droite n’existe pas. La ligne droite est une abstraction géométrique. Notre homme marche donc dans la rue piétonne. C’est un pragmatique, il est un expert comptable. Il s’est fixé un itinéraire direct. Mais c’est aussi un homme jeune, d’une belle prestance et inconsciemment lorsqu’à une cinquantaine de mètres devant lui il distingue une jolie silhouette féminine qui va bientôt croiser son chemin, il dévie imperceptiblement sa trajectoire pour passer plus prés de la belle, la voir, la sentir, la frôler, échanger un regard…….Au niveau de la boutique Marc & Spencer il se rapproche de la vitrine où il a aperçu avant hier un magnifique blouson qui lui irait à merveille. Une jeune femme marche rapidement, elle est en retard à son rendez vous. Sa trajectoire est presque rectiligne quand soudain elle aperçoit évoluant à une trentaine de mètres devant elle, dans le même sens, Hans Wolf, un collègue de travail boutonneux et flasque qui depuis plus d’un an lui fait du rentre dedans. Elle ne veut surtout pas avoir à lui parler, à lui sourire. Alors elle ralentie l’allure et fait semblant de s’intéresser à une affiche de cinéma dont elle se rapproche en obliquant sur la droite. Et puis il y a cette assistante sociale en prés ménopause, soucieuse de sa silhouette, de son apparence, qui tout en déambulant cherche à se positionner de façon à ce que la vitrine de "C&A" lui serve de miroir : ralentissement, virage à droite, virage à gauche. Des passantes et les passants flânent tout simplement…lèche vitrine, drague.....Mais ceux qui nous intéressent dans le cas présent, ce sont ceux qui veulent aller droit et qui en fait avancent en zig zag, la lutte entre la droite et la courbe, entre la théorie et la réalité.

lundi 25 août 2008

La franchise


Dire ce que l’on pense est impossible, car une infinité de pensées s’entre choquent se carambolent au carrefour de nos émotions (cerveau).

L'argent


Avec l'argent des autres

J'en fais cocus bien d'autres

Tout le long de La Seine

Les cocus se promènent



1954……….Bagnères de Bigorre, une chansonnette que fredonnait mon père et que par complicité filiale je fredonnais. J'avais quatre ans. Fier d'avoir de mon propre chef remplacé La Seine par l'Adour (rivière tumultueuse traversant Bagnères de Bigorre).



Tout le long de l'Adour

Les cocus se promènent



La tante Rayenne, vielle fille bigote invétérée : Vous rendez vous compte Yves, des horreurs que vous laissez chanter à votre fils ? Mon père, prenant un air désolé et dépassé par les évènements : Voyez vous, s'il ne faisait que le chanter……encore…..mais ce qu'il y a de fort regrettable, d'inquiétant n'est ce pas……de très inquiétant, c'est qu'il le fait en plus.



Un sifflement strident bref et soutenu s'échappait d'entre les dents de la bigote invétérée, un sifflement semblable à celui émis par la cocote minute restée longtemps sur le feu et dont on lève quelques instants la soupape avant de la rabaisser : Pfuiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiit………la tante Rayenne furieuse et vexée montait dans sa chambre. Claquements de portes. Mon père et moi jubilions.

lundi 18 août 2008

Nice is nice


On aura beau dire et beau faire...........je pense que le mot de la fin revient à cette charmante anglaise qui après un bref séjour dans le Pas de Callais arrive sur la french Riviera: "Nice is nice, Berck is berck"

Livre préféré? pas de livre préféré!


Livre préféré ? Pas de livre préféré.

Lire c’est accepter d’être transformé par ce que nous lisons. Un livre n’est pas bon ou mauvais dans l’absolu, un livre est bon lorsqu’il nous fait appréhender la vie sous un autre angle.

On s’intéresse à un roman dans la mesure où il nous est possible de superposer notre vécu à ce qui y est raconté, de nous identifier à tel ou tel personnage, de retrouver des êtres que nous avons connus aimés ou des testés, de revivre des situations que nous avons vécues en d’autres lieux, avec d’autres gens.

L’action magique du roman sur le lecteur, c’est le jardinier qui s’identifie à l’empereur, le saint à l’assassin, la religieuse à la péripatéticienne et vice versa, le boulanger au général. Et pourquoi pas le cheval au facteur ? Autrement ce n’est que réalisme poisseux. Inutile de vous le dire, j’adore le réalisme magique (Alvaro Mutis, Garcia Marquez………..), les fictions historiques (Léo Perutz, Roger Caillois, Stéphane Sweg ) mais le but n’est pas, chères visiteuses chers visiteurs de ce blog, d’énumérer les livres qui me plaisent. Par contre je compte sur vous pour me faire découvrir d’autres auteurs, d’autres livres et surtout en parler.

Pour en revenir à ce blog, deux livres m’ont incité à l’ouvrir. Il s’agit du Journal intime de Gombrowicz et de Mystère de Knut Hamsun.
Dans son journal intime, Gombrowicz se libère de la chronologie (est-ce encore un journal alors ? peu importe). Seuls les jours de la semaine figurent, pas les dates. Telle pensée traverse son esprit mardi, il nous en fait part, telle anecdote lui revient en mémoire mercredi, il nous la raconte. De même les dates de ce blog correspondent uniquement à la mise en ligne, à l’enregistrement de chaque message. Aujourd’hui par exemple, je vais enregistrer un message se composant d’un fragment de texte rédigé il y a sept ans et trois mois et l’associer à une photographie prise il y a trois mois et neuf jours. Dans la plus part des cas c’est le hasard et l’intuition qui déterminent l’association photo- texte…….A vous chères visiteuses chers visiteurs, d’interpréter, de trouver de construire du lien. Je désire que ce que je montre, que ce que je dis soit soumis au plus grand nombre possible d’interprétations.
Dans Mystère, Nagel, le héros principal de Knut Hamsung saute continuellement du coq à l’âne, tient des conversations apparemment fort décousues. A un interlocuteur qui lui demande le sens de son discours, où il veut en venir, le lien existant entre les diverses annecdotes qu’il relate, Nagel répond (j’ai oublié la réplique exacte) que ces diverses choses hétéroclites ont en commun le fait qu’elles ont un jour pénétré dans son cerveau et y ont laissé une trace, une emprunte. J’aime ce personnage et je peu facilement m’identifier à lui.

Ne comptez pas sur moi pour vous dire ce que je pense, pour essayer de vous convaincre de quoi que ce soit…….je dis je montre, à vous de voir de regarder et de penser…….à vous de m’expliquer aussi peut être.

La patrouille de France


Laissons la parole aux toulonnais: "Ils limitent les voitures à quatre vingt kilomètres heure mais ils empèchent pas les avions de faire les couillons en l'air"

mercredi 13 août 2008

Voyage.


Qui veut voyager loin ne déménage pas avec sa monture.

Les regards se rencontrent et.............

Una signora


Des milliards de mètres cubes de sons, de phrases, d'onomatopées !Comme l'eau accumulée derrière la gigantesque muraille d'un barrage dont on viendrait d'ouvrir les vannes. Elle ne cherche pas ses mots,elle cherche ses silences. Ayant enfin trouvé son équilibre, sa sérénité, elle se tait. Deux, trois secondes. C'est reparti. Le flot ne se tarira jamais, les réserves sont infinies.

lundi 11 août 2008

Le fer


Le fer est une matière issue du traumatisme de la fusion. Il porte en lui la chaleur et la violence du feu

La troisième dimension


Être sculpteur, c'est être capable de souffrir en trois dimensions.

La droite n'existe pas



Les lignes se croisent s'évitent ou s'invitent. Courbes informelles
échappant à l'analyse scientifique. Courbes tendues, courbes hypertendues
tendent vers la ligne droite qui en fait n'existe pas. Les lignes viennent
de l'infini, se dirigent vers l'infini. La rencontre, le carrefour donne
la vie.

La contrainte est donnée par le format du bristol, rectangulaire. Il faut
que le logo s'inscrive sur cette surface imaginée par l'esprit humain, de
la même façon que la corrida doit se dérouler dans l'arène. Lutte entre
l'infini et le fini. "Borné dans sa nature, infini dans se vœux, l'homme
est un dieu déchu qui se souvient des cieux" (Victor Hugo, je pense).


Le glissement et la pression.

Le glissement donne la direction, la pression donne l'épaisseur.
Toute l'émotion est dans le trait.


Le glissement et le quadrillage.

Le feutre glisse sur le bristol, comme un patineur, comme un skieur.
Glisser, c'est tendre vers, et non pas être ici ou là. La vie est un
éternel glissement, un inquiétant glissement que l'homme ne cesse de
quadriller pour se rassurer. Le quadrillage, c'est la croix, la latitude
et la longitude, l'âge, la frontière.

Le regard de la méduse


On lave son linge très sale en famille nombreuse.

RIITAGAAN

« Riitagan » c’est une étrave, un mouvement fulgurant et ascendant, un corps étranger de passage, une étoile filante traversant un aquarium.

Il faut qu’une fois terminés et assemblé, les cinq tronçons de neuf mètres, constituent une courbe tendue, non pas parfaite car je déteste ce mot, mais évidente. Avant que le béton soit coulé, les tronçons seront positionnés sur le site, et soudés ensembles... tout les deux mètres sera découpé un trou carré, surmonté d'une cheminée parallélépipédique par laquelle pénétrera le béton. En fait, mon travail consiste à prendre une courbe naturelle, à la tronçonner en cinq éléments et à la reconstituer, à la recoudre. C'est au cours de ce travail, que j'ai lu un des rares livres de Ferdinand Céline que je n'avais pas encore lu. : « Rencontre avec le Professeur Y »., et que je pris conscience de l'influence de l'écrivain dans l'élaboration de mon oeuvre. Ceux qui pensent que l'apport, l'invention de Céline en littérature, c'est d'avoir transposé le langage courant et l'argot, en écrit, n'ont rien compris. Ce que Céline a trouvé, le filon qu’il a merveilleusement exploité, c'est : prendre une phrase, une anecdote, une histoire... couper, fractionner selon une fréquence, un rythme, et ensuite, reconstituer, recoudre, pour rendre presque identique à l’objet de départ... Je dis bien presque. L'émotion vient de ce presque.
Les fragments sont réajustés entre eux, pour reformer un tout, mais les coutures demeurent. Et d'après Céline, ce qui fait l'artiste, ce qui donne le rythme et l’émotion, c'est le point de couture... du cousu main, dit-il. L'illumination, lui est dit-il venue, un jour qu'il était dans le métro. Le tac...tac...tac... des roues de fer passant d'un rail sur l'autre. A l'époque le métro n’était pas monté sur pneus et les rails n'étaient pas soudés entre eux.

Goulven, 1993


RIITAGAAN est un mot valise formé à partir de RIITA qui signifie la lutte en Finlandais et YATAGAN qui fut le nom donné au sabre qu'utilisaient les soldats de l'empire ottoman.

jeudi 7 août 2008

Déplacement


Certains spécialistes de l’évolution des espèces vont jusqu’à affirmer que si comme les plantes, les hommes et les animaux pouvaient se nourrir en absorbant, en s’imprégnant de ce qui est en suspension dans le milieu où ils vivent, ils n’auraient pas de jambes pour se déplacer. En bref que ce qui différencie le règne animal du règne végétal est uniquement la manière d’ingérer les aliments.

Fare del lavoro un giocco


Qu’est ce que le présent ? Un carrefour. C’est pour cela qu’il est souvent esquivé, car qui dit carrefour dit risque de collisions, d’accidents. Le passé et le futur se rencontrent en un point nommé présent.

Discrétion


Ce blog est à considérer comme un atelier, dont la porte par suite d'inadvertance ou de problèmes techniques serait restée ouverte. Je recommande donc au visiteur qui s'y aventure, prudence et discrétion.

Trajectoire initiale


Un chien et son maître déambulent. L’homme ramasse une pierre, la donne à flairer à l’animal, la lance le plus loin possible. Le chien bondit dans la direction où est tombée la pierre mais au bout de quelques mètres il s’immobilise brusquement, renifle, flaire, comme s’il avait découvert quelque chose de mille fois plus important que le caillou jeté par son maître. Il gratte furieusement le sol, s’élance à nouveau, mais au lieu de se diriger vers l’objet dont il est censé être parti à la recherche, il oblique carrément de soixante degrés sur la gauche par rapport à la trajectoire initiale. De nouveau il stoppe net, renifle, flaire, gratte et de nouveau il repart dans une autre direction. Après avoir répété plusieurs fois ce manège, il atteint la pierre, la coince entre ses dents et la ramène gentiment à son maître. La scène s’est déroulée en quelques secondes. Mille interprétations plus ou moins objectives en sont possible. En voici une : Agissant de la sorte, l’animal a enregistré un maximum d’informations, de renseignements, de sensations…….il a affiné son instinct et pris possession de l’espace. La capture et le rapatriement de l’objet lancé par l’homme n’ont été que prétexte, autorisation à gambader, découvrir, sentir, s’imprégner.


Ruptagaan est un mot valise formé à partir de Rupta qui signifie "la route" en latin, la route au sens de rupture, sillon, tranchée, cicatrice, et Yatagan qui fut le nom donné au sabre avec lequel combattaient les soldats turcs. Les Ruptagaans sont des espaces plans verticaux et horizontaux traversés, partagés par des routes, des Ruptas qui viennent de nulle part et se dirigent vers l'infini. Une Ruptagaan est une sculpture attachée à un site, à un lieu, une intervention sur une espace de vie .