La sculpture est la mise en scène des limites de mon intelligence.
samedi 9 juillet 2022
vendredi 8 juillet 2022
Savoir bien voir.
" L'essentiel est de savoir bien voir, savoir bien voir sans se mettre à penser, savoir bien voir lorsqu'on voit, et non penser lorsqu'on voit ni voir lorsqu'on pense." Fernando Pessoa
mercredi 6 juillet 2022
Faire exprimer à la tôle sa délicatesse, sa fragilité.
La matière garde en elle la mémoire des regards qui
l’ont caressé. Des regardeurs d’élite, tels sont les photographes avec lesquels
j’instaure un compagnonnage. Des regardeurs qui offrent à la sculpture une part
de la beauté qui est en eux, et font avouer à la tôle sa force et sa faiblesse,
ses joies et ses blessures.
lundi 4 juillet 2022
Vingt quatre jours de la vie d'une tôle.
Il n'y a qu'une seule forme qui suivant les contraintes naturelles ou provoquées par l'homme se décline en une multitude de formes.
Templeuve en Pévèle depuis le 24 juin 2021. Tôle noire non décapée de 15/10, non traitée. Hauteur 3m
https://www.youtube.com/watch?v=9ncwZNtnNfs&t=7s
samedi 21 septembre 2019
La Résilience du Fer
"Orage D'acier" 2018Photo Guy Barsottihttps://chrisrobiglio.com/goulven/ |
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| Photo Eric Pineau |
Je parle de la psychanalyse du fer car la tôle d’acier
me semble être un matériau proche de l’âme humaine. On peut la caresser, la
flatter, provoquer en elle une faiblesse, lui imposer une tension, une
pression, la tordre, la blesser, la réparer, la polir, la dépolir et en dernier
recours la peindre pour cacher sa vraie nature.
La subtile technologie dont est issue l’acier
s’apparente à l’éducation d’un humain dans la mesure où il n’y a rien de
naturel de l’extraction à la transformation du minerai. Comme un adolescent qui aussitôt libéré de
l’emprise parentale va transgresser les principes inculqués, la plaque de tôle
dès que vous la laissez livrée à elle-même va s’oxyder pour retourner le plus
vite possible à l’état de nature, de minéral, de poussière. C’est en rouillant que la plaque de tôle accomplie
sa résilience.
Fruit d’un accouplement du feu et de la pierre le
fer essaye en s’oxydant d’oublier le traumatisme fusionnel qui l’engendra.
Goulven, à Toulon le 21/09/2019
"Le Rêveur de Navires" Veellage de La-Seyne-sur-Mer, 271 avenue de Bruxelles, La-Seyne-sur-Mer. Photo Eric Pineau
L'étoile que danse
Photo Véronique Roussiaux
Photo F. Brugaillère
vendredi 20 septembre 2019
Le philosophe analphabète
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| Photo Eric Pineau |
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| Photo Eric Pineau |
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| Photo Eric Pineau |
Philosophe analphabète
Eté
comme hiver il déambule pieds nus, crane rasé, une serviette de bain sur
l’épaule et plusieurs livres sous le bras. Une impression de calme, de sérénité
mais aussi de vie intérieure intense, émane du personnage. Il pourrait incarner
un maitre bouddhiste , un vieux sage, un ascète, un végétarien mystique. Cet
homme ne m’a jamais adressé la parole mais je l’ai à maintes reprises aperçu
essayant d’entrer en relation avec des quidams qui perplexes semblaient ne pas
savoir que lui répondre, comme si la langue dans laquelle il s’exprimait leur
était inconnue. Pour le peu que je l’ai entendu, son discours me semble être un
monologue décousu à coté de la plaque.
Tous les
après midi sur le coup de 16 heures, le curieux personnage pénètre dans une
brasserie du centre ville, prend place seul à une table, pose ses livres et
commande une bière pression. Il choisit un ouvrage et en commence la lecture à
la manière d’un conférencier ou d’un professeur d’université qui va tenter de
subjuguer son auditoire. Tandis que la main droite tient le livre, la gauche
par ses mouvements réfléchis et pesés appuie les mimiques du visage. L’homme
pénétré par sa lecture veut nous faire partager son engouement, son
enthousiasme. Encore un fada toulonnais qui se donne en spectacle ? Je ne
pense pas. Le Mystère réside dans le fait que si les mains et le visage de
l’homme s’expriment avec éloquence, aucun son ne sort de sa bouche. Dans la
brasserie, tout le monde semble ignorer cet original qui ne dérange personne
car il est très convenable et personne ne se moque de lui. L’autre jour, des
touristes anglais lui ont demandé un renseignement et il leur a répondu dans la
plus pure langue de Shakespeare ; preuve qu’il ni sourd ni muet. Je sais
par ailleurs qu’il parle un italien parfait et bien que lorsqu’il s’exprime
dans la langue de Molière son discours soit insaisissable, son élocution fait
penser à un universitaire dont aucun accent ne viendrait vulgariser la diction.
Si je
parle de cet homme c’est parce qu’au fond de moi je ressent la même
incompréhension face à mes semblables, la même indifférence face à mon
enthousiasme, face à mes engouements. J’éprouve un grand plaisir à parler mais
mon discours n’intéresse personne. Quand je dis parler, ça n’est pas parler
pour meubler l’espace son, mais parler pour faire saisir à l’autre une réalité
qui lui échappe, pour élever sa pensée du particulier à l’universel. La sculpture est une élégante façon de contourner l’obstacle
qui face à moi se dresse dès que je tente d’utiliser la parole pour exprimer
une pensée.
C’est
peut-être en ce sens que je rejoins les arts premiers dont les chefs d’œuvres
qui nous fascinent furent créés par des hommes ne connaissant pas l’écriture et pour qui la transformation de la matière était le seul moyen de communiquer leurs
idées.
Quand
j’élabore une sculpture je me met dans la peau d’un orateur muet, d’un
philosophe analphabète.
GOULVEN à TOULON
Le 20/09/2019
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| Photo M. Bavoillot |
samedi 27 octobre 2018
L'Annonce faite à Vinci
Goulven est un sculpteur qui a démarré sa vie d’artiste fin des années 70. Il réalise des
œuvres aux dimensions importantes. Son matériau de prédilection est l’acier auquel il associe
parfois d’autres matières.
La courbe tout en renforçant la présence des volumes leur permet de sortir d’eux même et
d’irriguer l’espace alentour.
C’est parce que la géométrie de ses formes imprègne l’espace et le territoire d’un élan
transcendantal que Goulven est souvent invité à réaliser ses sculptures en relation avec
l’architecture de bâtiments, qu’ils soient monuments, résidences ou villas. Ainsi a-t’il été
invité à exposer ses œuvres dans les espaces d’accueil de la « Cité Radieuse Le Corbusier » à
Marseille.
Ici, pour la résidence Evo, Goulven a l’intention d’offrir à l’espace commun de l’ensemble
immobilier un objet reprenant cette dynamique de la courbe, qui par sa verticalité créera un
point de repère dans le paysage.
Jacques Mikaélian septembre 2018
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| "Le photographe est un corps aux aguets, prédateur d'imprévus et anxieux de ses prises". Régis Debray Photo Guy Barsotti. |
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