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Orage d'acier
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Certains vivent pour faire du mal à leurs ennemis, d’autres pour faire
du bien à leurs amis. Je fais partie du second groupe et mes amies se
nomment : légèreté, futilité, fluidité, élégance, beauté.
Certains se réfugient dans la
solitude parce que le monde tel qu’il est les attriste, les inquiète, leur fait
mal. J’aime le monde tel qu’il est, la société des hommes m’attire et souvent
me réjouie. Je suis
d’une nature contemplative et mon égoïsme sans bornes me
permet de ne pas voir, de ne pas sentir, de ne pas entendre tout ce qui
pourrait m’attrister.

J’aurais pu mener une vie de sybarite si aux alentours de
ma vingtième année je n’avais été atteint d’une folie de type mégalomaniaque et
incurable se caractérisant par la conviction d’être investi par les dieux et
les diables d’une mission d’ordre
esthétique. Pour éviter que la société ne m’enferme pour folie furieuse, je me
suis moi-même enfermé dans mon atelier.Durant quarante années c’est dans la solitude de
l’atelier que j’ai élaboré une technique et de cette technique ont découlés un
style, une esthétique, une forme. Mon
propos fût d’établir un rapport frontal à la matière en utilisant l’outillage
le plus rudimentaire possible.La matière c’est la plaque de tôle fine (1mm, 1,5mm
d’épaisseur). Les outils sont la disqueuse et le poste à soudure. Ma technique
pourrait se résumer à trois phases. Je provoque une faiblesse, j’impose une
tension (parfois une pression) et la courbe se matérialise, parfois concave,
parfois convexe, mais toujours infinie et libre, puis les points de soudure
rigidifient, fixent la forme.Comme dans une belle machine, rien de décoratif,
rien de maniéré, rien d’inutile au fonctionnement. L’émotion doit provenir des
accidentalités.Durant quarante
années j’ai pu vivre et travailler grâce aux commandes initiées par
quelques architectes éclairés. Pour cela j’ai parfois adapté ma sculpture de façon à ce qu’elle
réponde à une fonction pratique, mais sans jamais accepter que la
fonctionnalité nuise à l’esthétique. J’ai ainsi réalisé des sculptures pouvant
servir de portes, de murs, de grilles, de tables, chaises, bancs,
tabourets…J’ai été choisi en 2007 pour donner une âme à la rénovation d’un
hôtel milanais et en 2002 pour créer un escargot devant symboliser la
politique étrangère suisse, j’ai collaboré avec un groupe d’architectes parisien
à un projet de requalification d’un silo à blé, durant dix ans, de 1992 à 2002 eut lieu au
mois d’août sur le golf de La Garde, le Trophée Goulven pour lequel je
réalisais chaque années les trophées récompensant les vainqueurs des diverse
catégories, en 2014, à la demande de
l’Institut Français du Bénin je suis intervenu à Cotonou auprès de jeunes
sculpteurs béninois.Je pense que durant
toutes ces années mon propos fût non pas de montrer ma sculpture, mais
d’utiliser celle-ci comme un outil ayant le pouvoir transformer un lieu, de lui
donner une âme, ce qui peut expliquer que j’ai très peu exposé. La dernière
expo en date eut lieu Cité Radieuse Le Corbusier, à Marseille en 2010 http://www.goulven-sculpteur.com/docs/Catalogue-Goulven-Lecorbusier.pdf Entre 1992 et 2005 j’exposais régulièrement
dans la Galerie Lilo Marty à Saint Paul de Vence et Lilo Marty ayant eut la
merveilleuse idée en 1995 de me faire réaliser une sculpture horizontale, c'est-à-dire le sol de sa
galerie, jusqu’en 2005 (date de la
fermeture de la galerie) ce lieu fût pour moi une vitrine permanente dont
découlèrent les principales commandes.


« …voila des étraves qui rappellent que
Goulven, l’homme du fer, reste avant tout un homme de la mer, que l’océan est
son royaume et que, s’il habite Toulon, c’est avant tout Toulon qui l’habite…si
l’on pense à Richard Serra, c’est pour opposer la puissance titanesque des œuvres
de l’Américain, leur sobriété arrogante dont l’unique but est de déstabiliser l’espace,
à la légèreté charmeuse, aux incertitudes et aux respirations secrètes des
sculptures de Goulven… » C.
Caldérou, Nice Matin, le 13/02/1993



Goulven n’est pas sculpteur, Goulven est Goulven.
Son nom est déjà un métier. Goulven est dans la discipline, il honore à lui seul tous les métiers autour de la forge. Il est dans la braise. Goulven n’est pas un comique, il est artisan au sens historique du terme. Celui qui honore la matière par le principe de la transformation du réel. Son rapport à l’acier est frontal, instruit, savant. Il connait tout de l’acier. C’est dans l’obsession que depuis trente années, il le martyrise et le caresse. Et l’obsession est le chemin initiatique de Goulven. Il fait avouer à la matière sa couleur cachée qui n’est que l’ombre portée de sa discipline. Seul dans le vacarme du travail, il n’a de temps ni pour le dandysme, ni pour le préservatif culturel qu’est le recul. La violence engagée, les conséquences sont irréversibles et là réside l’action imprudente de l’artiste. Goulven rappel que l’art est un combat violent, brutal, où la faute ne pardonne jamais.
Goulven est un anachorète belliqueux, un artiste psychopathe, un artiste. Fait à Bandol le 17/06/2010
Rudy Ricciotti
Grand prix national D’architecture
http://www.goulven-sculpteur.com/docs/Catalogue-Goulven-Lecorbusier.pdf
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http://www.goulven-sculpteur.com/interview.htm#archi
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Sculpture bas relief, bureaux de l'architecte Richard Guilhem à Cannes
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http://www.pressreader.com/france/var-matin-grand-toulon/20201129/282114934135007
L'étoile qui danse.