vendredi 14 mars 2025

Ondes vagabondes




                                                                    Photos Olivier Placet
 
                                                                   Photo Guy Barsotti

                                                                  Photo Eric Pineau


L’ECLAT DU SILENCE.

Des brillances, des soupçons de nuages glissent, passent sur les bas-reliefs et sur une sculpture de Goulven, c’est un hommage vibrant à la lumière et ses reflets changeants qui est exposé à la galerie Hic & Hoc à La Ciotat.

Des paysages abstraits se détachent des murs avec la délicatesse de bijoux, y alternent des lucarnes métalliques, des fenêtres ouvertes sur l’imaginaire, ce sont tantôt des miroirs de fer sombre, tantôt des miroirs de laiton qui capturent la lumière du soleil.

Chaque pièce devient miroir, non pas de soi, mais du monde tel que la lumière le révèle.  

Il faut voir Goulven caresser avec amour ses créations, comme s’il réveillait en elles une mémoire enfouie. Chaque pièce semble respirer, vibrer sous les doigts de l’artiste, comme si la matière elle-même se souvenait de la lumière. Des blocs de métal à la fois bruts et délicats, traversés de veines dorées, comme si le soleil y avait déposé sa signature.

Les bas-reliefs, loin d’être figés, s’animent selon l’heure du jour, l’avancée du soleil. Au milieu du jour, ils s’éclairent d’un feu minéral, au crépuscule, ils deviennent des fragments d’ombre, reflets changeants.  

Cette exposition révèle une alchimie rare, celle qui transforme le métal en émotion, le relief en récit. Goulven ne sculpte pas seulement les formes, il façonne des silences, des attentes, des éclats de souvenirs. On ne regarde pas ses œuvres, on les écoute, on prend le temps de la contemplation.

Je connais Goulven et je sais qu’il ne façonne pas seulement la matière, il la laisse parler, respirer, il ne veut pas lui imposer sa volonté, il la guide avec une tendresse presque rituelle. C’est une chorégraphie silencieuse de l’artiste avec ses créations, où chaque geste semble réveiller une mémoire enfouie et ancienne.

L’exposition invite à une traversée sensorielle, où le relief devient récit et la sculpture est un astre tombé du ciel.

Et quand on quitte la galerie, on emporte avec soi une lumière étrange, celle qui ne vient ni du ciel, ni des lampes.

                              José Maria MARTIN MARCOS, à La Ciotat le 18/10/25

 



                                                          Bérénice  Vidal  Sanz




                                                                  Photo Eric Pineau

                                                                   Photo Guy Barsotti





Serait-ce la longue chevelure de quelque naïade qui ondoie sur la surface brillante ?  La nymphe accorde l’ivresse à celui qui la contemple. Guillaume Apollinaire a chanté le pouvoir sensuel des ondines, ces fées aux cheveux verts qui incarnent l’été. Les courbes sacrées et ensorceleuses émergent du laiton comme  la promesse d’un songe heureux. Sortilège de la contemplation, la sculpture devient poème.

                                    Isabelle Amarante,  Avril  2025




                                 Installation dans le jardin d'une villa cannoise où elle vivra sa vie.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Ouvrier sur le chantier de la villa à Cannes où votre sculpture est maintenant installée, je vous ai vu sortir cette grande plaque de laiton de la couverture qui la protégeait. Je vous ai regardé fixer cette oeuvre et vous m'avez gentiment parlé de votre travail de sculpteur. Vous artiste, moi artisan, j'ai compris que nous pouvions échanger sur nos boulots. J'étais heureux d'être à vos côtés, nous avons discuté. Je n'ai pas souvent l'occasion d'admirer des oeuvres d'art. Je suis content de vous avoir rencontré et d'avoir découvert vos magnifiques Ondes vagabondes.
Un homme de l'ombre qui a aimé votre plaque de lumière.

Goulven a dit…

Cher Monsieur, votre commentaire me fait chaud au coeur car il est épuré de tout le cinéma que l'on fait généralement autour de l'oeuvre d'art. Oui, nous avons gentiment parlé de mon travail, et aussi du votre. Merci de votre regard.