jeudi 21 septembre 2017

Eléments de biographie de GOULVEN, sculpteur au long cours

Orage  d'acier

http://www.bandol.fr/actualites-evenements/agenda-133/goulven-23871.html?cHash=d0f582ffec97a855986b0e2e37cd56f9
      


      Certains vivent pour faire du mal à leurs ennemis, d’autres pour faire du bien à leurs amis. Je fais partie du second groupe et mes amies se nomment : légèreté, futilité, fluidité, élégance, beauté.       Certains  se réfugient dans la solitude parce que le monde tel qu’il est les attriste, les inquiète, leur fait mal. J’aime le monde tel qu’il est, la société des hommes m’attire et souvent me réjouie. Je suis
d’une nature contemplative et mon égoïsme sans bornes me permet de ne pas voir, de ne pas sentir, de ne pas entendre tout ce qui pourrait m’attrister.
J’aurais pu mener une vie de sybarite si aux alentours de ma vingtième année je n’avais été atteint d’une folie de type mégalomaniaque et incurable se caractérisant par la conviction d’être investi par les dieux et les diables d’une mission  d’ordre esthétique. Pour éviter que la société ne m’enferme pour folie furieuse, je me suis moi-même enfermé dans mon atelier.Durant quarante années c’est dans la solitude de l’atelier que j’ai élaboré une technique et de cette technique ont découlés un style, une esthétique,  une forme. Mon propos fût d’établir un rapport frontal à la matière en utilisant l’outillage le plus rudimentaire possible.La matière c’est la plaque de tôle fine (1mm, 1,5mm d’épaisseur). Les outils sont la disqueuse et le poste à soudure. Ma technique pourrait se résumer à trois phases. Je provoque une faiblesse, j’impose une tension (parfois une pression) et la courbe se matérialise, parfois concave, parfois convexe, mais toujours infinie et libre, puis les points de soudure rigidifient, fixent la forme.Comme dans une belle machine, rien de décoratif, rien de maniéré, rien d’inutile au fonctionnement. L’émotion doit provenir des accidentalités.Durant quarante  années j’ai pu vivre et travailler grâce aux commandes initiées par quelques architectes éclairés.  Pour cela j’ai parfois  adapté ma sculpture de façon à ce qu’elle réponde à une fonction pratique, mais sans jamais accepter que la fonctionnalité nuise à l’esthétique. J’ai ainsi réalisé des sculptures pouvant servir de portes, de murs, de grilles, de tables, chaises, bancs, tabourets…J’ai été choisi en 2007 pour donner une âme à la rénovation d’un hôtel milanais  et en 2002  pour créer un escargot devant symboliser la politique étrangère suisse, j’ai collaboré avec un groupe d’architectes parisien à un projet de requalification d’un silo à blé,  durant dix ans, de 1992 à 2002 eut lieu au mois d’août sur le golf de La Garde, le Trophée Goulven pour lequel je réalisais chaque années les trophées récompensant les vainqueurs des diverse catégories,  en 2014, à la demande de l’Institut Français du Bénin je suis intervenu à Cotonou auprès de jeunes sculpteurs béninois.Je pense que durant toutes ces années mon propos fût non pas de montrer ma sculpture, mais d’utiliser celle-ci comme un outil ayant le pouvoir transformer un lieu, de lui donner une âme, ce qui peut expliquer que j’ai très peu exposé. La dernière expo en date eut lieu Cité Radieuse Le Corbusier, à Marseille en 2010  http://www.goulven-sculpteur.com/docs/Catalogue-Goulven-Lecorbusier.pdf  Entre 1992 et 2005 j’exposais régulièrement dans la Galerie Lilo Marty à Saint Paul de Vence et Lilo Marty ayant eut la merveilleuse idée en 1995 de me faire réaliser une sculpture  horizontale, c'est-à-dire le sol de sa galerie,  jusqu’en 2005 (date de la fermeture de la galerie) ce lieu fût pour moi une vitrine permanente dont découlèrent les principales commandes.



« …voila des étraves qui rappellent que Goulven, l’homme du fer, reste avant tout un homme de la mer, que l’océan est son royaume et que, s’il habite Toulon, c’est avant tout Toulon qui l’habite…si l’on pense à Richard Serra, c’est pour opposer la puissance titanesque des œuvres de l’Américain, leur sobriété arrogante dont l’unique but est de déstabiliser l’espace, à la légèreté charmeuse, aux incertitudes et aux respirations secrètes des sculptures de Goulven… »  C. Caldérou, Nice Matin, le 13/02/1993



Goulven n’est pas sculpteur, Goulven est Goulven.
Son nom est déjà un métier. Goulven est dans la discipline, il honore à lui seul tous les métiers autour de la forge. Il est dans la braise. Goulven n’est pas un comique, il est artisan au sens historique du terme. Celui qui honore la matière par le principe de la transformation du réel. Son rapport à l’acier est frontal, instruit, savant. Il connait tout de l’acier. C’est dans l’obsession que depuis trente années, il le martyrise et le caresse. Et l’obsession est le chemin initiatique de Goulven. Il fait avouer à la matière sa couleur cachée qui n’est que l’ombre portée de sa discipline. Seul dans le vacarme du travail, il n’a de temps ni pour le dandysme, ni pour le préservatif culturel qu’est le recul. La violence engagée, les conséquences sont irréversibles et là réside l’action imprudente de l’artiste. Goulven rappel que l’art est un combat violent, brutal, où la faute ne pardonne jamais.
Goulven est un anachorète belliqueux, un artiste psychopathe, un artiste.
                                     
                                                        Fait à Bandol le 17/06/2010

                                                                                   Rudy Ricciotti
                                                               
                                                                             Grand prix national D’architecture








http://lavieatoulon.blogspot.fr/2008/06/goulven.html




http://www.goulven-sculpteur.com/interview.htm#archi


Sculpture bas relief, bureaux de l'architecte Richard Guilhem à Cannes






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